La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour l'économie algérienne en 2026 à 3,7 %, contre 3,5 % prévus en janvier dernier, malgré l'escalade des tensions géopolitiques dans la région, notamment les répercussions de la guerre en Iran.
Ces estimations figurent dans un rapport récent sur les perspectives économiques de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, ainsi que de l'Afghanistan et du Pakistan, où la Banque a souligné une divergence marquée dans la performance des économies de la région entre les pays exportateurs et importateurs d'énergie.
L'Algérie parmi les bénéficiaires
Les prévisions ont montré une amélioration de la performance des pays exportateurs de pétrole hors zone du Golfe, au premier rang desquels l'Algérie et la Libye, où la forte hausse des prix du pétrole et du gaz a contribué à soutenir les revenus et à renforcer les perspectives de croissance.
Les prix du brut Brent ont enregistré une hausse d'environ 60 % pour atteindre 112 dollars le baril, tandis que les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté d'environ 70 %, donnant un élan puissant aux économies dépendantes des exportations d'énergie.
La Banque mondiale a classé l'Algérie dans la catégorie des « pays en développement exportateurs de pétrole », une catégorie qui diffère des pays du Golfe en termes de capacités institutionnelles et de marge de manœuvre budgétaire disponible pour les dépenses, ce qui rend sa trajectoire de croissance plus dépendante des fluctuations des marchés mondiaux.
À l'inverse, les pays importateurs d'énergie de la région, comme la Tunisie, font face à des pressions inflationnistes croissantes en raison de la hausse des prix de l'énergie, ainsi qu'à des défis budgétaires, notamment avec la poursuite des politiques de subvention des prix locaux.
Un ralentissement régional marqué par le conflit
Selon le rapport, la croissance économique régionale devrait connaître un recul notable, le taux de croissance du PIB réel de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord devant passer de 4 % en 2025 à environ 1,8 % seulement en 2026.
Ce ralentissement est principalement lié à l'impact de la guerre en Iran sur les économies des pays du Conseil de coopération du Golfe et de l'Irak, ce qui a entraîné des perturbations sur les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement, affectant négativement l'activité économique dans ces pays.
La Banque mondiale a également révisé ses prévisions précédentes qui indiquaient en janvier 2026 une croissance régionale de 4,2 %, avant de les réduire fortement à la lumière des développements géopolitiques récents, tout en excluant l'Iran des calculs en raison de l'absence de données précises sur l'impact de la guerre sur son économie jusqu'à présent.
Politiques industrielles en hausse
Le rapport a mis en évidence une tendance croissante à l'adoption de politiques industrielles dans la région, le nombre d'initiatives officielles dans ce domaine ayant triplé au cours de la dernière décennie.
Les plans de développement dans les pays d'Afrique du Nord se sont concentrés sur des secteurs stratégiques, notamment :
- Le tourisme (dans 16 plans de développement)
- L'agriculture (14 plans)
- L'industrie automobile
Les pays en développement de la région ont également tendance à utiliser des outils tels que les droits de douane et les politiques d'importation, plutôt que de compter sur les subventions directes qui caractérisent les économies du Golfe.
Défis structurels persistants
Malgré l'amélioration relative dans certaines économies, la région continue de faire face à des défis structurels profonds, notamment la faible croissance de la productivité, le rôle limité du secteur privé et la forte dépendance aux exportations d'hydrocarbures.
De plus, 19 plans de développement nationaux ont montré que les priorités communes consistent à créer des emplois, à développer le capital humain et à lutter contre le chômage.
Le rapport a mis en garde contre les effets à long terme des conflits, soulignant que les affrontements dans la région pourraient entraîner une baisse du revenu par habitant d'environ 45 % en sept ans, ce qui équivaut à la perte de près de 35 ans de trajectoire de développement économique.



